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ECHELON et Frenchelon
France - USA : mêmes méthodes ?


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Ce texte n'a pas pour but d'expliquer l'organisation technique d'Echelon (voir la partie "références" à ce sujet), mais plutôt de cerner son historique, ses enjeux actuels et, surtout, les liaisons "occultes" qu'il entretient maintenant avec le milieu commercial et les gouvernements Européens.

Rappelons cependant que, créé depuis les années 1950 par l'alliance UKUSA, le système est destiné à intercepter et analyser toute communication (téléphonique/vocale, telex, fax, courrier électronique...) terrestre ou satellitaire passant à sa portée. Actuellement, il traite principalement les messages transmis sous forme écrites, mais le traitement des messages existe en phase expérimentale. En fait, Echelon n'est qu'une partie du système : c'est le nom du programme chargé de trier et d'analyser les communications en se basant sur une recherche par mots clés. Cependant, le terme Echelon est souvent utilisé pour parler du système complet.

Inutile de dire que jusqu'il y a quelques années, Echelon faisait partie des secrets les mieux gardés, à l'écart de tout contrôle parlementaire, y compris du Sénat Américain. Il a été dévoilé par un néo-Zélandais, Nicky Hager, en 1996, et ce n'est qu'il y a quelques mois que les autorités américaines ont officiellement admis son existence.

Aujourd'hui, maintenant que la guerre froide est terminée, une bonne partie de la puissance d'Echelon est reportée sur l'espionnage économique (c'est, par exemple, grâce à Echelon que Boeing a gagné un important contrat face à Airbus)

Mais ce qui caractérise Echelon avant tout, c'est sa systématicité. Car il intercepte absolument tout ce qui passe à sa portée, dans le but d'analyser l'ensemble des communications aussi bien à caractère politique ou commercial que les communications privées des simple citoyens, violant toutes les lois pouvant exister sur les écoutes téléphoniques.

Pour être plus précis, alors que ces lois impliquent que les écoutes ne peuvent être faites que sur des personnes déterminées, et sur réquisition des autorités judiciaires, Echelon travaille en recherchant l'utilisation de mots clés dans les conversations de l'ensemble de la population.

Or, du point de vue américain, une des règles de leur constitution interdit au gouvernement d'espionner les conversations de ses concitoyens. Comment passer outre ? En sous-traitant ces traitements aux autres pays membres d'Echelon, bien sûr... En fait, les USA espionnent les Britanniques, les Britanniques espionnent les Américains, et ils s'échangent les informations...

Cependant, l'Angleterre n'est pas le seul pays Européen à participer à Echelon. En effet, certains pays tels que le Danemark et l'Allemagne sont des pays "affiliés" à Echelon.

Mieux, selon Mike Frost, un ancien membre de l'agence gouvernementale "Communications Security Establishment" (Canada), la Norvège aurait vendu à celle-ci des données "brutes" de communications privées transmises par voie hertzienne. Livrées sous forme de bandes magnétiques, ces données étaient ensuite traitées par Echelon. A une demande d'exemples d'espionnage global de la population il répondit : "Un des exemples concerne une femme qui disait à un ami que son fils avait échoué à l'école. Elle décrivit comment il avait eté viré ("bombed out") des tests d'admission. Naturellement, le mot "bomb" était la partie intéressante de la conversation. Cependant, comme celle-ci était peu claire, l'analyste inclua la personne dans la liste des terroriste possible. Plus tard, nous avons compris de quoi il s'agissait réellement".

Cet exemple est suffisamment explicite pour qu'on se passe de toute analyse sur les dangers de ce système...

La "libre circulation" de ces données par le système Echelon montre d'autre part un autre problème, qu'il nous faudra montrer au grand jour lors des débats à propos de la transposition de la directive Européenne.

En effet, le principal fondement de la directive repose sur le principe que, une fois celle-ci adoptée dans tous les pays Européens, ceux-ci formeront une "enceinte" sûre, l'intérieur de laquelle les données pourront circuler librement, et que leur sortie de cette enceinte ne sera conditionnée qu'en direction de pays réputés "sûrs". Or, comment peut dont dire que cette enceinte est sûre, lorsque l'on sait que des pays européens vendent des données, ou que la plus grande base d'Echelon ne se trouve pas aux USA, mais à Menwith Hill, en plein coeur de l'Angleterre ?

Cet état de fait ne détruit-il pas le fondement même de la directive ? Ne devons-nous pas pousser pour déclarer celle-ci obsolète et refuser le principe même énoncé dans l'article 1 ("2. Les États membres ne peuvent restreindre ni interdire la libre circulation des données à caractère personnel entre États membres. [...]") ? Ou, dans l'hypothèse extrême, cela ne revient-il pas à exiger que La Grande Bretagne, l'Allemagne, la Norvège, le Danemark et bien d'autres pays Européens soient exclus de cette "enceinte" ?

"Frenchelon", l'Echelon Français.

Cependant, si nous devons nous occuper d'Echelon, nous devons bien sûr nous élever contre son (petit) équivalent Français : Frenchelon.

La France n'a jamais ni confirmé, ni démenti son existence.

Cependant, un officiel Français aurait confirmé, au cours d'une discussion privée, que Frenchelon existait bien, mais sous une échelle beaucoup moins importante qu'Echelon, puisque le système Français n'intercepterait que deux millions de messages par mois, contre trois millions par minute pour Echelon.

Le projet est géré par la DGSE, principalement depuis des stations d'interception de communications satellitaires situées en Nouvelle Calédonie, aux Emirats Arabes Unis, en Asie, aux Caraibes, en Guyane et dans différents lieux en France métropolitaine.

Notons aussi qu'un accord d'échanges des données existe avec l'Allemagne qui, rappelons le, est affiliée à Echelon...

Comme son équivalent Américain, les conversations ciblées seraient principalement d'ordre économiques ou d'espionnage industriel. De nombreuses interceptions à caractère commerciales seraient vendues directement aux présidents de grandes sociétés Françaises, aussi bien qu'à des officiels du gouvernement. Par exemple, selon Edwin Fraumann, un agent du FBI, les services secrets Français auraient par exemple l'habitude d'intercepter les communications téléphoniques faites par des hommes d'affaires américains au cours de leurs vols sur des avions d'Air France...

Cependant, nul doute que le spectre de ses interceptions va beaucoup plus loin que ce simple cadre économique. Si il n'y a aucune preuve que la France pratique la surveillance systématique des communications civiles, ils ont tout ce qu'il faut pour le faire. Il y a donc un grand danger que, tôt ou tard, les données interceptées concernant indistinctement la plus grande partie de la population soient cédées à d'autres organismes publics ou commerciaux, français ou étrangers, qui les utiliseraient selon leurs propres critères...

Légalement, la DGSE ne tombe pas dans le cadre juridique sur les écoutes téléphonique qui impose qu'elles ne soient effectuées sur des suspects d'affaires criminelles.

Cependant, si certains articles de la loi Informatique et Libertés octroient certaines dérogations sur la collecte et les droits d'accès du citoyen, à propos des traitement "intéressant la sûreté de l'Etat", l'article 15 indique que TOUS les traitements effectués par l'Etat doivent être autorisés soit par une loi, soit par un acte réglementaire pris après avis motivé de la CNIL. Encore, une fois, l'Etat est dans la plus totale irrégularité...

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Références (tous documents en Anglais, sauf précision) :

"Une évaluation des techniques de contrôle politique", Fondation Omega pour le , Parlement Européen, 1998.

Résumé analytique (en Français) :

      http://www.europarl.eu.int/stoa/publi/166499/execsum_fr.htm?redirected=1

      Document complet (En Anglais) :

     http://cryptome.org/stoa-atpc.htm

Sur Echelon:

Documents "déclassifiés" à propos d'Echelon

     http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB23/index.html

Eléments techniques sur le dispositif : "Interception capabilities 2000" Duncan Campbell, Octobre 1999,

     http://www.cyber-rights.org/interception/stoa/ic2kreport.htm

"Echelon Was My Baby"

(Interview d'une ex-responsable système du réseau, par un média Danois, "Ekstra Bladet").

      http://cryptome.org/echelon-baby.htm

Un site humoristique à propos de la base Anglaise, traité dans le style "agence de voyage", mais avec d'authentiques photos et informations.

     http://www.menwithhill.com

Sur Frenchelon :

"Frenchelon : France Alleged Global Surveillance Network And Its Implications on International Intelligence Coopération", Kenneth Neil Cukier (Communication Week International)

      http://www.cfp99.org/program/papers/cukier.htm




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Dernière mise à jour : 22/09/2001